Un passage difficile des études à l’exercice professionnel

 

Le passage de l’école vétérinaire à l’exercice professionnel est souvent abrupt pour les étudiants qui n’y sont généralement pas assez bien préparés. Les aspects nouveaux particulièrement difficiles à gérer sont : l’isolement social et professionnel, la réalisation des gardes, l’importance de l’aspect financier, le manque de compétences pratiques ou encore le manque d’entraide entre collègues. L’impact émotionnel de ces éléments est fort et peut mener à l’apparition de troubles psychologiques et de pensées suicidaires.

De plus, près de 44% des vétérinaires praticiens interrogés estiment que le métier qu’ils exercent ne correspond pas à l’idée qu’ils s’en faisaient à la sortie de l’école. La formation vétérinaire ne semble pas être à la hauteur sur le plan de la préparation des étudiants à la réalité du métier. La pratique équine semble la plus atteinte avec près de 90 % des vétérinaires interrogés, suivie par la pratique canine avec 45 % et la pratique bovine avec moins de 20%.

Vers une formation mieux corrélée à l’exercice vétérinaire

Une sélection plus en adéquation avec l’exigence du métier

Certains auteurs évoquent la nécessité de mettre en place une sélection d’entrée différente dans les écoles vétérinaires. En effet, comme étudié précédemment, la sélection sur des critères académiques poussés n’assure pas nécessairement la concordance entre l’idéal du métier et la réalité. Le comité consultatif des Classes Préparatoires aux Grandes Écoles s’est réuni à ce sujet le 18 mars 2019. Il confirme que le cycle préparatoire aux études vétérinaires n’est pas le mode de sélection le plus adapté dans le contexte actuel du manque de vétérinaire. Ce cursus est trop long, trop coûteux pour l’État, trop exigeant en termes de demande académique et peu efficace en matière de sélection en maintenant l’idéalisation du métier par les étudiants. De plus, les compétences relationnelles, pratiques et émotionnelles ne sont pas prises en compte alors qu’elles s’avèrent essentielles à l’exercice de la profession. 

Une évolution du recrutement dans les ENV est proposée avec la mise en place d’un système hybride dans lequel co-existerait les classes préparatoires BCPST en 2 à 3 ans et un système de recrutement post-bac avec classes préparatoires intégrées à l’intérieur des écoles vétérinaires. L’objectif serait qu’en 2021, 25 % des étudiants intégrant les écoles vétérinaires proviennent de la classe préparatoire intégrée, 50 % des concours B, C, D et E et enfin 25 % par la classe préparatoire BCPST et TB.

 

 

 

Un cursus plus à l’image de la réalité du métier

 

Comme évoqué précédemment, les étudiants déclarent un manque de corrélation entre leur formation et l’exercice du métier. Il serait intéressant de revoir l’organisation du cursus en intégrant peut-être davantage de stages et de pratique clinique en particulier dans les premières années d’étude.

De plus, les vétérinaires estiment qu’il existe un manque de réalisme dans les investigations cliniques lors de leur formation. On apprend à “faire au mieux dans le meilleur des mondes”. Mais la réalité du terrain est tout autre et les contraintes économiques apparaissent tel le manque d’équipement des cliniques et cabinets. Il serait intéressant de
former les étudiants à utiliser des techniques plus facilement applicables dans leur futur exercice de la profession.

Bibliographie

Bartram, D. J., & Baldwin, D. S. (2010). Veterinary surgeons and suicide: a structured review of possible influences on increased risk. Veterinary Record, 166(13), 388–397 ;

Mellanby, R. J., & Herrtage, M. E. (2004). Survey of mistakes made by recent veterinary graduates. Veterinary Record, 155(24), 761–765

Tupin, D. (2005). Le syndrome d’épuisement professionnel ou burn out : enquête chez les vétérinaires praticiens.