La surcharge de travail peut devenir un facteur de stress du fait du nombre d’heures élevé de travail qui compliquent la récupération psychologique et impliquent dans un second temps une conjugaison difficile des vies privée et professionnelle.

 

  • Nombre d’heures de travail élevé  

La surcharge en heures de travail se retrouve notamment dans la fréquence des gardes et des astreintes., ainsi que dans les contraintes administratives qui prennent un temps important en plus des consultations et des soins aux animaux. 

Dans la profession vétérinaire, près de 80 % des praticiens interrogés évoquent le nombre élevé d’heure de travail comme un inconvénient source de stress et de fatigue.

 

  • Conjugaison des vies personnelle et professionnelle

Une des conséquences de la charge de travail importante liée à la profession vétérinaire est la difficulté à concilier vies privée et personnelle. Une étude australienne a montré que deux tiers des vétérinaires questionnées se déclarent en difficulté quant au maintien de l’équilibre entre ces deux vies. En France, près de la moitié des vétérinaires interrogés estime que cet aspect est une source de stress et de fatigue. Ce facteur est nettement relayé par les femmes vétérinaires.

Une étude menée sur des couples vétérinaires s’est intéressée à la satisfaction professionnelle, au stress lié au travail, à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ainsi qu’au soutien du partenaire. Les femmes vétérinaires montrent un plus grand impact de l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle sur leur carrière. Elles évoquent
également un soutien professionnel plus faible de la part de leur conjoint.

En France, près de 67 % des vétérinaires praticiens interrogés estiment ne pas consacrer assez de temps à leur famille et leurs proches. 9 % déclarent que la situation leur convient mais qu’elle ne satisfait pas leurs proches. Ainsi, plus de 3 praticiens sur 4 se retrouvent en situation conflictuelle entre vie privée et vie professionnelle. La pratique rurale est particulièrement représentée avec plus de 80 % des vétérinaires qui ne consacrent pas assez de temps à leurs proches.102 Cela peut notamment s’expliquer par le nombre élevé de gardes et astreintes qui existent dans cette pratique.

Il est à noter que les frontières entre vie privée et vie professionnelle sont devenues plus floues de nos jours, dans tous les secteurs professionnels En effet, l’utilisation des téléphones et ordinateurs portables participe au débordement professionnel sur la sphère privée. Cela altère la qualité de la vie privée empiétée par l’intrusion des contraintes professionnelles.

Bibliographie

 

Phillips-Miller, D. L., Campbell, N. J., & Morrison, C. R. (2000). Work and Family: Satisfaction, Stress, and Spousal Support. Journal of Employment Counseling, 37(1), 16–30 ;

Tupin, D. (2005). Le syndrome d’épuisement professionnel ou burn out : enquête chez les vétérinaires praticiens ; 

Heath, T. (2002). Longitudinal study of veterinarians from entry to the veterinary course to 10 years after graduation: attitudes to work, career and profession. Australian Veterinary Journal, 80(8), 474–478

Firth-Cozens, J. (1990). Sources of stress in women junior house officers, 301, 3 ; 

Edey Gamassou, C., & Moisson-Duthoit, V. (2017). Epuisement professionnel des médecins généralistes libéraux en France et conflit travail-famille, une revue de littérature.