VetFutursFrance a mené une enquête auprès de 2600 vétérinaires français concernant leur ressenti sur les valeurs de notre profession. Ces valeurs ne sont pas immuables et peuvent conduire à un fossé entre les différentes générations de vétérinaires. En effet, certaines sont aujourd’hui montantes alors que d’autres sont en perte de vitesse. (Lire l’article : « Les valeurs vétérinaires montantes » 

Intéressons-nous dans cet article aux deux principales valeurs vétérinaires en perte de vitesse.

La confraternité

La confraternité est définie comme l’appartenance à un groupe professionnel, à une équipe. C’est un élément social protecteur contre l’établissement d’un climat professionnel stressant. Or, la confraternité est ressentie par de nombreux vétérinaires comme étant en perte de vitesse, notamment en raison du conflit intergénérationnel décrit précédemment. La perte d’importance de cette source créatrice de liens sociaux et professionnels participe à la mise en place d’un climat émotionnel délétère et peut ainsi mener à des signes dépressifs. 

Pour exemple, en 2005, 28 % des vétérinaires interrogés ne veulent pas accueillir de stagiaire dans le cadre de leur formation vétérinaire. Ils sont 19% à en avoir eu l’envie par le passé mais ne veulent plus le faire. Les raisons de ce refus sont multiples : l’aspect chronophage de la gestion du stagiaire, la mauvaise éducation des jeunes générations de
stagiaires qui semblent moins respectueuses et motivées, notamment du fait de leur volontéde travailler 35 heures par semaine, ainsi que la lassitude professionnelle des praticiens décrite précédemment.

Le respect

Cette notion de respect est évoquée dans le questionnaire de VetFutursFrance dans un sens large : respect de l’autre, des soignants (vétérinaires et ASV), du client et de l’animal. Le recul du sentiment de respect dans la profession peut être mis en lien avec la pression croissante de la clientèle qui se lance de plus en plus souvent dans des procédures judiciaires. Les clients remettent plus fréquemment en cause les connaissances scientifiques du vétérinaire. Cette notion est connue en médecine humaine et qualifiée par le philosophe Michel Serres de « renversement de la présomption d’incompétence ».

 

Bibliographie

Tupin, D. (2005). Le syndrome d’épuisement professionnel ou burn out : enquête chez les vétérinaires praticiens / Déborah Tupin ; directeur de thèse Claude R. Petit. S.l.: [s.n.]

* VetFutursFrance, Le Livre Bleu.